La France signe l'arrivée sur Peppol la plus rapide jamais observée.
Au 15 septembre 2026, 5 676 908 entreprises françaises figurent dans l'annuaire public Peppol, soit le premier parc mondial devant la Belgique. Le seul mois d'août 2026 a ajouté 1 995 371 fiches, un record absolu sur le réseau. L'obligation de réception s'applique depuis le 1ᵉʳ septembre 2026.
Il y a trois ans, à peine une centaine d'entreprises françaises figuraient sur le réseau Peppol. Aujourd'hui, elles dépassent 5,6 millions. Le seul mois d'août 2026 a ajouté près de deux millions de nouveaux participants. Voici comment cela s'est passé, à quoi ressemble la photographie actuelle, et ce qui vient ensuite.
Combien d'entreprises françaises sont inscrites sur Peppol ?
Au 15 septembre 2026, l'annuaire public Peppol comptait 5 676 908 fiches participants françaises. C'est le premier parc mondial, devant la Belgique (2 189 355), l'Australie (436 890) et la Norvège (388 752). Le parc français a presque triplé depuis le 1ᵉʳ août 2026, porté par l'obligation de réception. Trois ans plus tôt, la France n'en comptait qu'une centaine.
La France représente désormais 60,4 % de l'ensemble des participants Peppol dans le monde : 5 676 908 fiches françaises sur 9 396 897 au total. Il y a un an, ce chiffre était négligeable. La Belgique, deuxième parc du réseau, en compte 2 189 355. L'essentiel du marché européen se concentre aujourd'hui dans ces deux pays.
Toutes les parts de ce rapport sont calculées sur ce même dénominateur : les identifiants participants de l'index Peppol, tous schémas confondus, sans dédoublonnage. Le camembert masque le calendrier. La croissance belge s'est étalée de manière régulière sur 2025. La vague française, elle, se concentre sur les cinq mois qui s'achèvent en septembre 2026.
D'où vient Peppol et depuis quand la France y participe-t-elle ?
Peppol est né en 2008 d'un projet pilote européen, Pan-European Public Procurement Online, destiné à faire circuler les factures publiques entre pays. L'association OpenPeppol en a repris la gouvernance en 2012. La France a rejoint officiellement le réseau en 2019, longtemps après la Norvège, le Danemark, la Belgique et les Pays-Bas.
L'objectif était simple : permettre à toute administration européenne de recevoir une facture électronique structurée de n'importe quel fournisseur du continent, à travers un même protocole.
Pendant des années, ce fut un succès discret dans le secteur public. La Norvège et le Danemark s'y sont mis tôt. La Belgique et les Pays-Bas ont suivi. L'association OpenPeppol a repris la gouvernance en 2012 et transformé le pilote en un véritable réseau à quatre coins.
La France est restée à l'écart. La facturation du secteur public était déjà couverte par Chorus Pro, la plateforme nationale B2G. Peppol passait pour une affaire d'Europe du Nord. Cela a changé lorsque la réforme française du B2B a été repensée autour d'un modèle d'interopérabilité ouvert.
-
2008OriginePeppol naît comme projet pilote européen (Pan-European Public Procurement Online).
-
2017EN 16931Publication de la norme européenne de facturation électronique.
-
2019La France rejointLa France se connecte officiellement au réseau Peppol.
-
2020Chorus ProLa facturation électronique B2G est déjà obligatoire via Chorus Pro.
-
2024Réforme adoptéeLa loi confirme l'obligation B2B et le modèle PDP.
-
Sep. 2026RéceptionToutes les entreprises françaises doivent pouvoir recevoir.
-
Sep. 2026Émission GE et ETILes grandes entreprises et les ETI doivent émettre.
-
Sep. 2027Émission PMECouverture B2B complète, PME comprises.
L'année charnière, c'est 2019. La France rejoint officiellement le réseau Peppol. Peu de choses transitent alors sur le câble. L'obligation B2B n'a pas encore été rédigée. L'infrastructure attend, prête à servir.
Qu'est-ce qu'une PDP et pourquoi le modèle français est-il différent ?
La France a créé un rôle qui n'existe nulle part ailleurs sur Peppol : la Plateforme de Dématérialisation Partenaire. Ailleurs, une entreprise se branche sur n'importe quel point d'accès certifié ; en France, elle choisit une PDP, qui l'inscrit dans l'annuaire Peppol sous son propre SMP. Le PPF conserve l'annuaire et les services de cycle de vie.
Les autres pays se sont branchés à Peppol de la manière la plus simple. Une poignée de points d'accès certifiés transportent le trafic pour tout le monde. La France a choisi une autre voie.
La réforme française a inventé un nouveau rôle : la Plateforme de Dématérialisation Partenaire, ou PDP. Chaque PDP est un opérateur privé agréé par l'État pour émettre, recevoir et archiver des factures électroniques pour le compte de ses clients. Une PDP est essentiellement un point d'accès Peppol auquel s'ajoute une couche de supervision réglementaire française.
En régime de croisière, il n'y a pas de portail national unique. Le PPF (Portail Public de Facturation) prend en charge l'annuaire et les services de cycle de vie. Le trafic, lui, est acheminé par des PDP en concurrence. C'est ce qui rend le marché français intéressant : un marché régulé, pas un monopole.
À quelle vitesse la France s'est-elle inscrite sur Peppol ?
L'inscription est restée plate pendant les neuf premiers mois de 2025, puis a décroché : 50 316 nouvelles fiches en avril 2026, 75 136 en mai, 608 084 en juin. Le record est tombé en août 2026, avec 1 995 371 nouvelles fiches françaises sur un seul mois — le plus gros mois jamais observé sur Peppol.
Voici le graphique qui explique tout le reste. Chaque barre représente un mois de nouveaux participants français à Peppol.
Nouveaux participants Peppol français par mois
janvier 2025 → juillet 2026 · série d'inscription du cliché du 10 août 2026 · aucune échelle logarithmique, c'est la courbe réelle
Les neuf premiers mois de 2025 sont plats. La France ajoute 11 fiches en janvier, 8 en février, 19 en juin. Croissance annuelle totale pour 2025 : 3 077 participants. Modeste à l'échelle belge. Anecdotique à l'échelle mondiale.
Puis octobre 2025 grimpe à 298. Novembre à 1 235. Décembre à 1 303. Les premières PDP testent en production. Pennylane et Qonto commencent à charger leur portefeuille de petites entreprises.
En mars 2026, la courbe décroche. Avril ajoute cinquante mille fiches. Mai en ajoute soixante-quinze mille. Juin en ajoute plus de six cent mille sur un seul mois. L'obligation de réception entre en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2026. Les PDP s'empressent d'enregistrer tous leurs clients avant la mise en service.
La série ci-dessus s'arrête en juillet 2026, dernier mois complet du cliché du 10 août 2026. Le décompte quotidien du réseau prend le relais et raconte la suite : la France passe de 1 921 601 fiches le 1ᵉʳ août 2026 à 3 916 972 le 1ᵉʳ septembre, soit 1 995 371 inscriptions sur le seul mois d'août. C'est le plus gros mois d'inscription jamais observé, tous pays Peppol confondus ; le précédent record appartenait à la Belgique, en décembre 2025. Les quinze premiers jours de septembre en ont ajouté 1 759 936 de plus.
Participants Peppol français en cumulé
Mêmes données, empilées, jusqu'en juillet 2026. La forme : la crosse de hockey.
Les deux graphiques ci-dessus comptent les inscriptions par date d'enregistrement, telles que le cliché du 10 août 2026 les a relevées. Le total national affiché en tête de page (5 676 908 au 15 septembre 2026) vient de l'index de participants en direct : il est plus récent et légèrement plus large, car il inclut les fiches sans business card publiée.
Quelle plateforme domine le marché français ?
Pennylane est la première PDP française avec 16,75 % des participants Peppol du pays, devant Serensia (13,97 %) et jefacture.com (8,02 %). Cent soixante-cinq opérateurs desservent la France. L'indice Herfindahl-Hirschman du marché est tombé à 0,07, très loin du seuil de forte concentration retenu par les autorités de concurrence.
165 opérateurs desservent aujourd'hui la France — 149 immatriculés par la DGFiP et 16 en attente — dont 130 portent au moins une fiche française sur le réseau. Pennylane, plateforme comptable des PME, mène avec 16,75 %. Serensia (Quadient) la suit de près à 13,97 % après avoir basculé son portefeuille de cabinets comptables pendant l'été 2026.
Principales PDP françaises
Part des 5 676 908 participants Peppol français au 15 septembre 2026 · top 9 nommé, le reste agrégé
Ces volumes comptent les fiches participant de l'annuaire Peppol (une inscription par identifiant). La carte départementale répond à une autre question et affiche des nombres plus bas : elle compte des entreprises — dédoublonnées par SIREN et limitées aux personnes morales actives (hors associations, fondations et entrepreneurs individuels) rattachables à un département. Elle est aussi construite sur le cliché du 10 août 2026, un mois plus ancien. Un même opérateur y apparaît donc avec un total nettement inférieur.
La longue traîne est intéressante elle aussi. Indy s'adresse aux indépendants. jefacture.com, exploité par BTX, cible les experts-comptables. Tiime, Le Village Connecté, Cecurity et SUPER PDP sont des PDP indépendantes, chacune sur sa niche. En dessous, une centaine d'opérateurs plus petits gèrent quelques centaines à quelques dizaines de milliers de comptes chacun.
Concentration du marché
Quelle part des participants français est portée par les principaux opérateurs
Les deux principales PDP détiennent 30,72 % du marché français, les cinq premières 51,00 % et les huit premières 61,94 %. Le marché s'est nettement desserré : au printemps 2026, deux opérateurs portaient encore près de 60 % des fiches. L'afflux de l'été a profité aux PDP adossées aux réseaux d'experts-comptables, et la longue traîne continue de s'étoffer à mesure que les ERP choisissent leur PDP de référence.
Les autorités de concurrence qualifient de « hautement concentré » tout marché dont l'indice Herfindahl-Hirschman dépasse 0,25. Le marché français des points d'accès se situe aujourd'hui à 0,07, très en dessous de ce seuil, et sans commune mesure avec les quasi-monopoles (IHH > 0,8) observés en Australie, au Royaume-Uni ou en Pologne. C'est aujourd'hui le marché de points d'accès le moins concentré des grands pays Peppol.
smp.pennylane.com, qui héberge 950 644 fiches françaises. My Unisoft tient à la fois smp-peppol.myu-pa.fr et ap-peppol.myu-pa.fr. Qonto, Indy, BTX et Serensia font de même. L'agrément PDP français récompense les opérateurs qui détiennent à la fois la couche annuaire et la couche transport sous-jacente. L'intégration verticale est ici la règle, pas l'exception.
Quels SMP hébergent les fiches françaises ?
| Hôte SMP | Participants | Part |
|---|---|---|
| smp.pennylane.com | 950 644 | 16,75 % |
| smp.serensia.net | 792 901 | 13,97 % |
| smp.btx.jefacture.com | 455 221 | 8,02 % |
| peppol-smp-public.production.qonto-snc.co | 368 811 | 6,50 % |
| indy.peppolint.tech | 326 719 | 5,76 % |
| smp.saphety.com | 144 542 | 2,55 % |
| smp-peppol-prod.chaintrust.io | 121 156 | 2,13 % |
| peppol-abby.docoon.com | 108 523 | 1,91 % |
Quels secteurs et quels départements adoptent Peppol le plus vite ?
Rapprochées du registre SIRENE, 995 706 entreprises immatriculées apparaissent sur Peppol, soit 14,0 % en moyenne nationale. L'information et la communication mènent avec 26,89 %, devant les activités scientifiques et techniques (21,03 %). L'immobilier ferme la marche à 8,95 %. Selon le département, le taux varie de 4,4 % à 21,8 %. Ce croisement date du 10 août 2026.
La vague ne touche pas tous les secteurs ni tous les territoires au même rythme. En rapprochant l'annuaire Peppol du registre SIRENE — environ 7,1 millions d'entreprises immatriculées retenues dans l'analyse — on obtient un taux de pénétration : la part des entreprises d'un secteur ou d'un département déjà présentes sur le réseau. Ce croisement demande un appariement SIREN par SIREN : il est reconstruit par lots et date ici du 10 août 2026, un mois avant les volumes nationaux ci-dessus.
Au 10 août 2026, 995 706 entreprises immatriculées apparaissent sur Peppol, soit une moyenne nationale de 14,0 %. Ce taux reste partiel, mais il faut le lire à la lumière du calendrier : l'obligation d'émission ne s'applique pas encore, et le registre inclut une longue traîne de structures dormantes ou micro. Ce qui compte ici, c'est l'écart entre secteurs et entre départements.
Quels secteurs adoptent Peppol le plus vite ?
Taux d'adoption Peppol par secteur
Part des entreprises immatriculées présentes sur Peppol · nomenclature NACE · cliché SIRENE × annuaire du 10 août 2026 · trait rouge = moyenne nationale
Les services aux entreprises mènent la course. L'information et la communication (26,89 %), les activités spécialisées, scientifiques et techniques (21,03 %), l'enseignement (19,32 %) et la finance et l'assurance (18,50 %) devancent nettement la moyenne. Ce sont des secteurs à forte intensité de facturation B2B, souvent déjà équipés d'outils comptables et bancaires modernes — précisément les portefeuilles que Pennylane et Qonto ont basculés en premier.
À l'autre extrémité, l'immobilier (8,95 %), les transports (10,21 %) et la gestion de l'eau et des déchets (11,57 %) restent en retrait. L'administration publique, les organisations extraterritoriales et les ménages employeurs sont quasi absents de ce décompte : le secteur public échange déjà ses factures via Chorus Pro, en dehors de la logique d'annuaire observée ici.
Quels départements sont les plus avancés ?
Taux d'adoption Peppol par département
Part des entreprises immatriculées présentes sur Peppol · cliché SIRENE × annuaire du 10 août 2026 · l'échelle de couleur est celle du rendu statique ci-dessous
La géographie confirme la lecture sectorielle. Les taux les plus élevés se concentrent là où se logent les sièges sociaux, les cabinets d'expertise comptable et les services numériques — un écart de plus du simple au quintuple sépare les départements les mieux dotés des plus en retard. L'adoption suit d'abord la structure économique locale, avant que l'obligation de septembre 2026 ne vienne, mécaniquement, resserrer l'ensemble de la carte.
Explorez le détail département par département — filtrable par secteur d'activité et par opérateur (PDP) — sur la carte interactive de l'adoption Peppol.
Comment la France se compare-t-elle à la Belgique, à l'Australie et aux Pays-Bas ?
La Belgique a gravi un escalier sur quatre mois avant son obligation de janvier 2026 ; la France a basculé d'un coup, avec plus de 730 000 fiches ajoutées entre avril et juin 2026. L'Australie, sans obligation, a atteint 436 890 participants par simple volontariat. Même réseau, trois dynamiques de lancement très différentes.
Chaque pays ayant déployé une obligation nationale de facturation électronique a laissé une empreinte différente dans l'annuaire Peppol. La forme de la courbe raconte la conception de la réforme.
Nouveaux participants par an · France, Belgique, Australie, Pays-Bas
Même réseau, dynamiques de lancement très différentes · série d'inscription du cliché du 10 août 2026
Participants Peppol cumulés · France, Belgique, Australie, Pays-Bas
Le total en cours de route, année après année · série d'inscription du cliché du 10 août 2026
La Belgique a suivi un parcours phasé, d'abord B2G puis B2B. L'obligation a frappé fort en 2025 et la courbe a bondi à 669 k nouvelles entreprises (numéro d'entreprise, scheme 0208) sur cette seule année. La courbe belge est la montée la plus raide jamais observée sur Peppol en régime stable — jusqu'à la France.
L'Australie a emprunté une voie très différente. L'Australian Taxation Office a promu l'adoption de Peppol sans imposer d'obligation. L'adhésion volontaire a produit 369 k nouvelles fiches en 2024, puis le rythme s'est calmé. L'Australie est aujourd'hui le troisième pays Peppol, presque entièrement sur la base du volontariat.
La France, c'est plus court, plus net, plus massif que les deux autres. La réforme compresse des années d'adoption volontaire en quelques mois autour de l'obligation de réception. La Belgique a mis 18 mois à ajouter ce que la France a ajouté en 90 jours.
La forme elle-même raconte l'histoire. La Belgique a gravi un escalier en quatre mois avant l'entrée en vigueur de l'obligation — 51 k en septembre 2025, 76 k en octobre, 105 k en novembre, puis 281 k en décembre. La France n'a presque rien fait pendant neuf mois, puis a déversé 734 k fiches dans l'annuaire entre avril, mai et juin 2026, avant de doubler la mise en août. La Belgique a grimpé. La France a basculé d'un coup. Le modèle d'agrément PDP fait toute la différence : un petit nombre d'opérateurs ont pu enregistrer en masse des portefeuilles entiers de clients à la veille de l'échéance.
France · multiplicateur d'une année sur l'autre
De combien chaque année a-t-elle crû par rapport à la précédente
Regardez le multiplicateur plutôt que le chiffre absolu. Le bond de 447× d'une année sur l'autre est le plus important que le réseau ait jamais absorbé pour un pays donné. Le multiplicateur belge de 2025 a culminé autour de 14×. Le multiplicateur australien de 2024 a atteint 21×.
Le chiffre français joue dans une autre catégorie. Il est la conséquence d'une obligation qui fixe une date unique et d'un modèle d'agrément PDP qui permet à une poignée d'opérateurs d'inscrire en masse des portefeuilles entiers de clients.
Top 10 des pays par nombre de participants Peppol
Identifiants participants de l'index Peppol, tous schémas confondus, au 15 septembre 2026
Quelles obligations les autres pays Peppol ont-ils adoptées ?
La France impose la réception à toutes les entreprises depuis septembre 2026, puis l'émission par paliers jusqu'en septembre 2027, acheminée par des PDP agréées. La Belgique a rendu le B2B obligatoire en janvier 2026, sans intermédiaire agréé. La Norvège impose le B2G depuis 2012. L'Australie, elle, n'impose rien.
Chaque grand pays Peppol a formulé son obligation à sa manière. Voici comment la France se positionne face à ses voisins.
Réception obligatoire pour toutes les entreprises à partir de septembre 2026. Émission phasée : grandes entreprises et ETI dès septembre 2026, PME à partir de septembre 2027. Acheminée par les PDP agréées via Peppol.
B2B universel à partir de janvier 2026. Pas d'intermédiaire PDP, les entreprises choisissent n'importe quel point d'accès certifié. La Belgique est aujourd'hui le deuxième parc du réseau, avec 2 189 355 participants.
Obligation secteur public depuis 2012. Le cas d'école originel de Peppol. Le B2B reste facultatif mais largement adopté. Croissance régulière, pas de pic.
L'ATO promeut l'adoption de Peppol sans force légale. 437 k fiches atteintes par la seule adhésion volontaire. La preuve que le protocole fonctionne sans bâton.
Pourquoi Factur-X est-il propre à la France ?
Factur-X est un format hybride : un PDF lisible par un humain transporte à l'intérieur une charge utile XML structurée. Aucun autre pays Peppol n'utilise de profil hybride PDF/XML. Le profil français est déclaré sur 1 489 278 endpoints, presque autant que la facture CIUS et l'accusé cross-domain.
La France ne s'est pas contentée de se brancher à Peppol. Elle a publié ses propres profils documentaires. Le plus intéressant, c'est Factur-X.
Le PDF ressemble à une facture ordinaire. Le XML qu'il contient est entièrement lisible par la machine. La France a poussé ce format parce qu'il permet aux comptables et à l'administration fiscale d'ouvrir les factures visuellement, pendant que les machines analysent automatiquement ce même fichier. Aucun autre pays Peppol n'utilise de profil hybride PDF/XML — Factur-X n'existe nulle part ailleurs sur le réseau.
| Profil documentaire français | Endpoints observés au 10 août 2026 |
|---|---|
urn:peppol:france:billing:cdv:1.0::D22BAccusé et réponse cross-domain | 1 519 127 |
urn:peppol:france:billing:Factur-X:1.0::D22BFactur-X (PDF/A-3 hybride) | 1 489 278 |
urn:peppol:france:billing:cius:1.0::2.1Facture française CIUS | 1 363 296 |
urn:peppol:france:billing:cius:1.0::D22BCross Industry Invoice | 1 363 059 |
Les chiffres ci-dessus sont à peu près équivalents, et ce n'est pas un hasard. Chaque participant français expose la totalité du jeu : Factur-X, le Cross Industry Invoice en forme CIUS, et le profil d'accusé CDV. Cette symétrie indique que les PDP enregistrent leurs clients avec la pile française complète, et non un sous-ensemble.
Le réseau Peppol dans son ensemble compte 327 valeurs distinctes de types de documents. La France à elle seule a engendré environ huit variantes nationales en dix-huit mois, si l'on compte la facture CIUS, la forme CII, le profil étendu B2G, Factur-X, les variantes d'auto-facturation et l'accusé cross-domain. C'est pour cela que les participants déclarent en moyenne près de dix endpoints chacun, et que la France a franchi le cap des cinq millions de fiches tout en déclarant plusieurs dizaines de millions de lignes de doctypes.
Que change l'obligation de réception du 1ᵉʳ septembre 2026 ?
Depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, toute entreprise française doit pouvoir recevoir une facture électronique. L'émission suit par paliers : grandes entreprises et ETI à la même date, PME en septembre 2027. À la date de ce cliché, la plupart des participants français étaient inscrits mais n'émettaient pas encore de factures.
L'annuaire donne déjà une idée de ce qui vient. Avec 5 676 908 fiches françaises au 15 septembre 2026, les inscriptions couvrent désormais l'essentiel des entreprises françaises actives. Les PDP indiquent que le reste correspond à la longue traîne des micro-entrepreneurs et des entreprises dormantes. Le rythme reste soutenu après l'échéance : 1 759 936 fiches sur les quinze premiers jours de septembre 2026.
Le sujet plus large, c'est l'émission. À partir de septembre 2026, les grandes entreprises et les ETI devront émettre l'ensemble de leurs factures B2B via une PDP. Les PME suivront en septembre 2027. C'est l'année où le volume sur le câble arrivera vraiment à maturité. Aujourd'hui, la plupart des participants français sont inscrits mais n'émettent pas encore. La courbe du trafic ressemblera à celle de l'annuaire, avec douze mois de décalage.
Que faut-il surveiller dans les prochains mois ?
- À quelle vitesse les parts de marché des PDP se consolident — ou continuent de se disperser. Les cinq premières pèsent aujourd'hui 51,00 %, contre près de 85 % au printemps 2026.
- Si Factur-X reste dominant, ou si l'UBL/CII pur gagne du terrain chez les grands industriels et les éditeurs de logiciels.
- Comment la Belgique et la France commencent à échanger des factures en volume. Les deux plus grands pays Peppol sont voisins, avec des conceptions d'obligation très différentes.
Que retenir de ce rapport ?
- La France est passée de quelques milliers de participants Peppol à 5 676 908 en moins de deux ans, soit 60,4 % du réseau mondial.
- Le seul mois d'août 2026 a ajouté 1 995 371 fiches — le plus gros mois d'inscription jamais observé, tous pays Peppol confondus.
- Le modèle d'agrément PDP a créé un marché régulé, pas un monopole : 165 opérateurs desservent la France et les deux premiers ne portent que 30,72 % du volume.
- L'obligation de réception de septembre 2026 en est la cause. Le volume d'émission montera en charge tout au long de 2027.
- La Belgique a gravi une marche pendant quatre mois. La France a basculé d'un coup. Même destination, dynamiques très différentes.
Envie de vérifier une entreprise française précise ? Essayez la recherche PeppolCheck.fr. Données rafraîchies chaque nuit depuis l'annuaire public Peppol et le SML.
Comment ces chiffres sont-ils calculés ?
Tous les chiffres viennent de l'annuaire public Peppol, résolu via le SML officiel : nous comptons des fiches participants, des points d'accès et des routes SMP, jamais le contenu des factures. Les volumes nationaux datent du 15 septembre 2026 ; les séries mensuelles et sectorielles, du 10 août 2026.
Une fiche d'entreprise est créée quand un participant rejoint le réseau. Chaque fiche est identifiée par son identifiant participant (le schéma à 4 chiffres et sa valeur). Une même entreprise peut techniquement disposer de plusieurs fiches si elle opère sous plusieurs schémas d'identification. Nous traitons chaque fiche comme une inscription distincte.
Ce rapport croise deux sources, et chacune porte sa propre date. Les volumes nationaux, les parts par pays et les parts par PDP viennent de l'index de participants en direct, lu le 15 septembre 2026 ; toutes les parts en pourcentage sont rapportées au même dénominateur, les 5 676 908 identifiants français de cet index. Les séries mensuelles et annuelles, la pénétration par secteur et par département et le décompte d'endpoints viennent du cliché de l'annuaire du 10 août 2026, reconstruit hors ligne : juillet 2026 en est le dernier mois complet. Ces jeux ne sont pas interchangeables et ne sont jamais mélangés dans un même calcul.
Les chiffres mensuels reflètent l'horodatage d'inscription enregistré par l'annuaire. Certaines PDP font des inscriptions en masse le week-end ; le bruit quotidien est donc lissé par le regroupement mensuel.
Ce rapport sera mis à jour à chaque jalon de l'obligation. Prochaine mise à jour prévue : janvier 2027, une fois le premier trimestre d'émission des grandes entreprises et des ETI derrière nous.
Comment réutiliser et citer ce rapport ?
Les chiffres, graphiques et textes de ce rapport sont réutilisables sous licence CC BY 4.0 : il suffit de créditer PeppolCheck.fr et de pointer un lien vers cette page. Citation courte à insérer dans un article : PeppolCheck.fr, Peppol en France, rapport de marché 2026, cliché du 15 septembre 2026.
Journalistes, analystes et chercheurs sont invités à citer, reprendre et republier les chiffres de ce rapport. Aucune autorisation préalable n'est nécessaire — il suffit de créditer PeppolCheck.fr et de pointer un lien vers cette page.
Quelle forme de citation utiliser ?
Forme courte (dans le corps du texte) :
PeppolCheck.fr, Peppol en France · rapport de marché 2026 (septembre 2026).
Citation complète :
PeppolCheck.fr (2026). Peppol en France · rapport de marché 2026. Cliché du 15/09/2026. Disponible sur : https://peppolcheck.fr/market/france
Quels chiffres clés sont prêts à citer ?
- 5 676 908 participants français à Peppol au 15 septembre 2026 — première place mondiale, devant la Belgique (2 189 355).
- 1 995 371 nouvelles fiches françaises ajoutées sur le seul mois d'août 2026 — le plus gros mois d'inscription de toute l'histoire de Peppol.
- 60,4 % de l'ensemble des participants Peppol dans le monde sont désormais français (5 676 908 identifiants sur 9 396 897, tous schémas confondus).
- Pennylane (16,75 %) et Serensia (13,97 %) portent à elles deux 30,72 % des participants français, sur 165 opérateurs qui desservent la France.
- L'obligation de réception entre en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2026 ; les obligations d'émission suivent pour les grandes entreprises et les ETI.
Quelle licence s'applique ?
Les chiffres, graphiques et textes de ce rapport peuvent être reproduits à des fins éditoriales, académiques et d'analyse sous licence CC BY 4.0. Merci de créditer « PeppolCheck.fr » et de pointer un lien vers https://peppolcheck.fr/market/france. Les données sous-jacentes sont publiques (annuaire Peppol + SML).
Qui contacter pour la presse ?
Pour des entretiens, des vérifications de faits, des extractions de données sur mesure ou un commentaire sur le déploiement français de la facturation électronique, écrivez à info@peppolcheck.fr. Nous répondons dans la journée ouvrée, dans la mesure du possible. Précisez votre média et votre échéance.